Destin de Désirée



 
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 Chapitre 1 ~ Vie normale

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Julie B. Wilson
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MessageSujet: Chapitre 1 ~ Vie normale   Mar 24 Sep 2013 - 14:09

Chapitre 1 en entier.







Cette image est si banale ! Moi allongée dans mon lit, scrutant le plafond, sans rêve, sans imagination. C’est un mensonge, car je suis pourtant une des rares personnes a encore rêver, croire, imaginer. J’ai toujours pensé que la passion existait. Sinon d’où nous viennent toutes ces histoires ? Les loups garous, les vampires, les fées, les fantômes, l’amour inconditionnel… Ces histoires sont tellement précises qu’elles semblent réelles. Le plus souvent, je m’imagine à la place des héroïnes des livres que je lis. Leur univers est tellement fascinant, il m’emporte dans un monde insoupçonnable. Mais plus je pense au rêve, plus je suis déçue par mon existence. Mon entourage a pour habitude de me clouer au sol avec leur idée constante de toujours vouloir garder les pieds sur terre. Avoir la tête dans les nuages, ça ne peut pas faire de mal. J’aime à penser qu’un jour je ne serai plus la même, qu’un jour viendra où un événement inimaginable surviendra dans ma misérable existence désespérément plate. Désirée, c’est le nom que ma mère m’a choisi. Ironique lorsqu’on me regarde, j’ai d’ailleurs souvent fait l’objet de moqueries. Je ne suis pas comme qui dirait désirable. J’ignore ce qu’elle avait en tête en m’appelant ainsi, mais peut-être que si mon père ne l’avait pas quittée en apprenant mon existence, elle ne m’aurait pas donné comme prénom un désir inachevé, celui de fonder une famille. Je suis Désirée, le désir non accompli de ma mère. Désirée, la jeune fille destinée à une vie normale, un travail normal, un quotidien identique chaque jour. Une seule fausse note dans le tableau de la normalité, qui pour moi fait toute la mélodie que j’aime. Je me sens différente, depuis toujours. Je sais que je ne suis pas comme les autres, et je n’arrive jamais à me mélanger. Je n’ai que très peu d’amis, et je joue toujours un rôle devant eux. Je ris de leur blagues, je m’intéresse à eux, je m’efforce d’avoir des loisirs courants, le cinéma, les sorties… Seulement, au fond de moi, je sais que je ne suis pas celle que je devrais être.
- Tu veux être en retard ou tu le fais exprès ?
Mon petit frère hurle toujours en passant devant ma chambre. Je secoue ma tête et me redresse, dirigeant mes yeux vers le radio réveil. 7h30, l’heure de partir. Je sors du lit et attrape mon sac, un arrêt bref devant le miroir. Bref mais il me semble pourtant y avoir passé des heures déjà, mon jean est deux fois trop grand pour moi, mon maillot n’est pas très sexy, il est simple, bleu marine, et j’ai un pull noir par-dessus, j’ai les cheveux raides, et bruns. Mes yeux sont d’un marron quelconque, c’est désespérant. J’attrape mon serre tête et l’enfile sur ma tête avec une nonchalance déconcertante. Je soupire et dévale les escaliers puis me mets à marcher en direction du lycée.
Je passe toujours derrière chez moi, un pont chevauche une rivière, j’aime la contempler lorsque je suis en avance. Je regarde l’eau, et je m’imagine parfois sautant par-dessus la rampe, me laissant couler. La pluie amène parfois de la mélodie aux flots, et le soleil fait même chanter le courant en reflétant les milliers de petites particules d’eau. Les yeux clos, je pense au doux son que procure le mouvement des vagues. Sauf que maintenant, je connais tellement par cœur cette rivière que je ne prends plus le temps de m’y arrêter, je marche à trop vive allure, je ne me rends jamais compte quand j’arrive devant l’entrée de l’établissement, seule. L’ironie a eu raison de moi une seconde fois. J’ai tant fait pour être entourée, pourtant la solitude est ma seule compagnie le plus souvent.
- Dési ! On va être en retard active-toi ! Je retire ce que j’ai dit, pas de solitude aujourd’hui. Raphaël est de loin mon meilleur ami, je l’apprécie beaucoup. Mais à ce moment précis, il est emballé par une chose qui me révulse, l’Histoire-Géographie. Je sais que c’est une matière qui nous apprend à ne pas faire les erreurs du passé, mais pourquoi le programme est-il si chargé ? Et pourquoi ne pas s’attarder sur des moments réellement importants ? Mon ami court presque pour atteindre la salle de classe, tandis que moi, je reste plantée là sans bouger. Il s’arrête voyant que je ne le suis pas, et il fait une drôle de tête.
- J’arrive… Dis-je avec peu d’enthousiasme.
Je vérifie que mes cheveux sont toujours bien coiffés. Je les ai tirés avec mon serre-tête préféré. Il est noir brillant avec une pierre verte émeraude sur le dessus, un souvenir de famille d’après ma mère. Pourquoi ai-je l’impression qu’elle ne m’a pas tout dit ? Raphaël me lance un sourire que je lui rends. L’évidence est, qu’il veut plus, mais pour moi la situation me convient telle qu’elle est… Comment peut-il désirer – Ironique ! – une fille aussi simplette que moi ? C’est flatteur, cependant je ne veux pas de cette relation.
Lentement, je marche telle une condamnée vers la salle de classe. Raphaël disparait dans la classe, tandis que je m’engage dans le long corridor. Les couloirs sont étroits et étouffant. Les couleurs blanches des murs rappellent celles d’un vieil hôpital. Je franchis la porte et gagne ma place habituelle, aux côtés de Raphaël au premier rang. Je ne suis pas vraiment intéressée par ce cours, pas tout le temps, cependant je ne veux pas être constamment surveillée par la professeure. Le premier rang, c’est une stratégie que j’avais échafaudé en début d’année, me disant que cette place ferait croire à un intérêt particulier pour l’Histoire et la Géographie. De plus, ce choix s’est révélé être au-delà de mes espérances, puisque Madame Bausset se positionne derrière ma table durant le cours. Ce qui signifie que dans cette classe je n’ai même pas besoin de faire semblant d’écouter. Je sors lentement des feuilles de mon sac, et ma trousse, puis commence déjà à m’affaler sur ma table. Raphaël me donne un coup de coude amical mais je sursaute quand même.
- C’est quoi ton problème ?
Il ne répondit rien, il me montre juste d’un mouvement de tête, que Madame Bausset était à son bureau, contrairement aux autres fois. Quelque chose se passe, si elle reste à son bureau, de façon à voir toute la salle, y compris moi, à nous contempler de son regard suspect, c’est qu’elle a quelque chose à nous annoncer. Alors qu’elle ouvre la bouche, la porte de la salle s’ouvre en grand, deux filles entrent en toute hâte, et trempées. La première, Sabrina, aussi grande que moi, les cheveux plus court mais tout aussi bruns, des yeux noisette et en amande, une simplicité à toute épreuve. Elle me ressemble beaucoup. La deuxième, Sandy, petite blonde aux yeux verts, pour sa part, c’est sa niaiserie qui la démarque des autres. Pourtant, contrairement à ce qu’on pourrait penser, je suis amie avec les deux. Elles s’excusent du retard et viennent s’assoir juste derrière moi et Raphaël. Sabrina, juste derrière moi, pose une main sur mon épaule.
- Vous ne vous êtes pas pris la pluie vous ?
- Non, ça a commencé à tomber alors qu’on était déjà entré.
- Jeunes filles ! Lorsqu’on arrive en retard la moindre des choses est de se faire discrète ! Nous interrompt madame Bausset.
Je soupire et me retourne pour la regarder et l’écouter. Elle prend une profonde inspiration, je crains le pire…
- Dans le cadre du programme de cette année, la vie scolaire et moi-même avons jugé utile de vous enseigner l’Histoire sur le terrain. Le programme étant le Génocide, nous allons nous rendre au camp de concentration de Struthof. Et par la suite nous irons sur les plages du débarquement. Ces déplacements visent à vous sensibiliser. Nous visiterons ces lieux en deux fois. Nous prendrons deux jours pour le camp de concentration, et trois jours pour les plages.
Elle continue à nous expliquer le but de cette action tout en nous distribuant les autorisations et les plannings. Je n’écoute plus, je suis dans mes pensées. La classe est surexcitée par les voyages. Moi j’aime voyager, mais pour voir comment des milliers de victimes ont péri dans des souffrances inimaginables, ce n’est pas vraiment la destination que je préfère. Une grimace innocente se dessine sur mon visage.
- Un problème Mademoiselle Wilson ?
Madame Bausset me fixe de ses grands yeux bleus ridés. Elle a beau être tout près de l’âge retraite, je la trouve quand même belle.
- Aucun. Mentis-je.
Elle reprend son discourt, ce qui me soulage. Raphaël me fixe, il avait vu ma grimace, certainement. En sortant, il me tape du coude en me lançant un regard plein d’interrogations. Il ne m’avait pas comprise, ce qui ne me surprend pas. C’est souvent qu’il est à côté de la vérité. Il pense que j’adore le Rap, or je suis amoureuse des musiques qui me transportent loin du monde réel et qui m’emmènent au plus profond des histoires des livres que je lis. Il ne se doute pas une seconde que j’adore lire. Pourtant, je n’ai rien d’une fille superficielle en apparence, mes cheveux noir corbeaux tombant juste en dessous de ma poitrine, autant dire immensément long, les yeux marron fade, la peau pâlotte n’est pas non plus d’une grande beauté, à moins d’aimer les cadavres… Mes doigts fins donnent l’impression qu’ils pourraient se casser au moindre choc. Je n’ai pourtant pas besoin de ça, je suis maladroite de nature. Mon style vestimentaire est plus que simple, je n’accorde pas beaucoup d’importance à la façon de créer des ensembles, jean foncé, tennis, haut bleu marine et des pulls noirs ou foncés. Je préfère favoriser le confort plutôt que l’esthétisme. Ma bague sublime avec une émeraude était la seule chose de belle sur moi en plus de mon serre-tête. C’était mon héritage. Ce que j’ai du mal à comprendre car mon prénom était gravé à l’intérieur de l’anneau, hors aucune autre Désirée n’a existé dans ma famille. Et la bague date d’avant ma naissance… Encore une réponse floue de ma mère à ce sujet, « C’était le deuxième prénom de ton arrière-grand-mère ». D’après elle, cet anneau représentait le désir que mon arrière-grand-père éprouvait envers sa femme. Et la couleur verte amplifiait ce sentiment. Que de bêtises ! Cependant j’ai toujours trouvé cette bague unique et magnifique, tout ce que je voudrais être. Je me stoppe devant les baies vitrées, redécouvrant mon reflet. Je soupire, je suis vraiment simplette ! Mon visage n’a rien d’original, personne n’a rien à m’envier. Sauf peut-être le fait que je ne suis jamais passé par la phase puberté, en effet, j’ai eu la chance de ne pas avoir l’irruption normale de boutons. Mon menton est pointu, mon nez fin, mes sourcils assez épais, je passe mon temps à les désépaissir. Mes joues sont assez rondes, mon front pas très grand, mes yeux sont en amandes mais pas d’une façon accentuée, c’est un effet que les filles cherchent en général en ajoutant un trait de crayon. Mes yeux commencent à me picoter alors que je me rends à la cafétéria.
- Mince Desi qu’est-ce que t’as ?
Raphaël m’a suivi naturellement, j’étais tellement plongée dans mes pensées que je ne l’avais pas remarqué. C’est alors que le picotement se transforme en brulure. Je lève les mains pour me frotter les yeux, pas de danger que le mascara coule, je ne me maquille pas. Je ne ressens aucun soulagement.
- Rien, je n’ai rien. Grognais-je toujours en me frottant les yeux.
- Qu’est-ce qui t’arrive en ce moment ?  Tu ne parles plus, tu ne souris plus, tu… tu m’ignores ?
Raphaël, toujours là à m’observer. Je ne fais pas attention à lui comme lui fait attention à moi. Je lâche mes yeux un instant pour les laisser respirer. Mais ils me brûlent de plus en plus fort, j’ouvre à peine la bouche pour lui parler.
- Emmènes moi à l’infirmerie j’y vois plus rien !
- Oh !
Il m’offre un bras que j’attrape derechef, et il m’accompagne sans dire un mot. L’infirmière est seule – ouf – et n’attend qu’à s’occuper d’un lycéen en détresse. Tu parles d’un cadeau !
- Que lui arrive-t-il ? demande-t-elle à mon ami.
- Je n’en ai pas la moindre idée, elle n’a…
- J’ai les yeux qui me brulent ! Criais-je.
- Montre-moi.
Je lâche mes yeux et me retiens de hurler.
- Tu as reçu quelque chose dans les yeux ? Du liquide ou autres substances ?
Je fais non de la tête en réponse à ses questions. Puis, la douleur s’atténue d’elle-même, je cligne des paupières et les regarde.
- En fait ça va mieux, je ne sais pas ce…
Et puis la douleur frappe ma tête, j’entends vaguement la panique des personnes présentes, Mais elle va tomber… Non ! , Puis plus rien.

Quand je reviens à moi, je suis dans l’ambulance. Les lycées ont des règles strictes concernant les malaises, une malheureuse perte de connaissance et on appelle les pompiers ! Je n’ai pas encore ouvert les yeux mais je pouvais entendre l’agitation d’une personne proche de moi. Une main attrapa la mienne, une main chaude et grande.
- Mademoiselle ? Si vous m’entendez, serrez ma main.
J’obéis et serre sa main faiblement. J’ai l’impression d’être une fillette, serrant une main d’adulte. J’ai très peu de force, et mes doigts fins doivent paraître si fragiles dans cette main de géant.
- Je m’appelle Franck, je suis ambulancier, je suis là pour vous aider. On vous transporte à l’hôpital pour vous faire examiner. Vous pouvez ouvrir les yeux ?
Je fais oui de la tête et cligne des paupières. La lumière du jour est insupportable, je renonce à ouvrir les yeux. Une grimace balaye mon visage, et bien que je ne puisse me voir, je suis en mesure d’affirmer que c’est une grimace affreuse.
- La lumière…
J’entends un bruit, quelque chose glisser, un rideau ? Dans une ambulance ? Je secoue la tête pour me parler à moi-même. Non impossible, pas de rideau dans une ambulance… Toutefois, après avoir entendu ce son, je ne sens plus les rayons du soleil sur ma peau. Il pleuvait pourtant peu de temps auparavant ! Pourquoi le soleil joue-t-il ? Je rouvre les yeux et le contemple, sans douleur cette fois.
- Comment vous sentez-vous ?
Je réfléchis une seconde et sens que ma tête est engourdie mais ce n’est pas douloureux. Et puis, je ne veux pas lui donner une raison de me garder en observation.
- Je me sens juste étourdie.
Il observe mes pupilles avec une petite lampe, et soudain, il ouvre grand les yeux.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que j’ai ?
On peut entendre l’inquiétude dans ma voix.
- Vous avez de très beaux yeux, c’est rare de voir un tel mélange.
- Rares ? Ils sont marrons…
L’ambulancier sourit, et s’assoit en attendant notre arrivée à l’hôpital.

Le trajet paraît durer une éternité, j’aurais aimé m’en passer. Les virages empruntés me déstabilisent à chaque fois, si bien qu’à l’un d’eux je faillis tomber, Franck me rattrape de justesse, esquissant un sourire moqueur. Je sors ma lèvre inférieure en moue boudeuse, mécontente d’être son divertissement de la journée.

A l’hôpital on m’installe dans une pièce, et l’attente débute. Des infirmières passent sans cesse devant ma porte, mais personne pour moi. Je commence à taper du pied contre les barres du lit, regardant les patients traverser le couloir, parfois debout, et d’autre fois sur un brancard. Je tourne en rond dans la petite chambre, puis me stoppe devant un miroir. Je reste sans voix… Mes yeux ne sont plus les mêmes, la couleur marron a accueilli du vert par endroit. Mon iris gauche est égayé par des tâches émeraude, et mon œil droit a comme contour du vert clair. Mon regard fade est devenu captivant.


« Ne fait pas de ta vie un obstacle »
FRANCHI LE PLUTÔT AVEC ELEGANCE




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